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Jean-Luc Chapon : « L’hôpital d’Uzès est notre plus belle réalisation »

« Pour me présenter à nouveau, il faut l’envie et la santé. Aujourd’hui j’ai les deux. Dans trois ans, je ne sais pas », nous glisse le maire quant aux prochaines municipales. 

A 81 ans, son nom est indissociable de la cité ducale. Dans les arcanes de la politique, il est souvent reproché le manque de continuité dans l’action publique dû aux alternances. Un argument irrecevable lorsqu’il s’agit de Jean-Luc Chapon.

Au gré des 7 mandats et des 40 années d’exercice, l’édile a tout bonnement transformé la ville. Un maire bâtisseur qui a su exporter le cachet uzétien à l’international. Il recevra de la main de Denis Bouad, ancien président du Conseil départemental du Gard, désormais sénateur, la médaille du Sénat à l’occasion de ses quarante ans d’exercice. 

Autrefois à la tête de la Communauté de communes Pays d’Uzès, Jean-Luc Chapon a remis le flambeau à Fabrice Verdier. Peut-on y voir une passation politique pour les prochaines échéances ? « Les relations avec la Communauté de communes fonctionnent très bien. Fabrice Verdier est mon 1er adjoint à la ville d’Uzès. C’est un homme de terrain, il connait les problèmes du territoire. On se partage le travail pour mieux administrer la ville et faire face à plus de contraintes », nous répond l’édile.

L’hôpital, la place aux Herbes, la zone Pont-des-Charrettes, la Communauté de communes ou l’Ombrière. Jean-Luc Chapon a très souvent fait figure de précurseur. « Je me souviens lorsque nous avons fait le pavage, beaucoup de maires étaient venus voir notre travail pour s’en inspirer », se rappelle-il. Quant à la fiscalité, il tient à le  rappeler : « On n’a pas augmenté les impôts depuis 11 ans ».

Jean-Luc Chapon indéboulonnable. Crédit photo : Linda Mansouri

Quid de la visite du Duché

Pourquoi l’accès au Duché est-il payant pour les Uzétiens ? « Je reçois très souvent des courriers à ce sujet. Je n’ai aucun pouvoir décisionnaire sur les tarifs du Duché qui est la propriété de la famille de Crussol », explique le maire. Le même Duc qui figure sur sa liste depuis six mandats. « Il est dernier de liste, c’est une place d’honneur », ajoute-t-il.

Il poursuit : « La famille qui est propriétaire du château, cela à son importance. Sans quoi, il aurait pu y avoir un tout autre établissement ». Uzès aurait par conséquent perdu son patrimoine historique remarquable. Un patrimoine qui n’a rien à envier aux autres. « Ceux qui connaissent bien Saint-Rémy-de-Provence me disent qu’ils préfèrent Uzès, notamment pour sa vie économique », se réjouit le maire.

« Voilà mon petit, tu as du pain sur la planche »

En 1983, l’Alésien d’origine est loin de s’imaginer telle carrière. « Anti-communiste primaire » comme il se décrit, Jean-Luc Chapon se souvient du blocage des mines d’Alès par la CGT. « La mairie d’Alès était toujours aux côtés des grévistes. Alors que l’Etat faisait des efforts pour faire venir des entreprises, les communistes à travers la CGT bloquait les dossiers », se souvient le maire.

En 1977, il se met au service du député d’alors, Jean Poudevigne. « Il me conseille de monter une liste », nous conte le maire. A la tête d’une société d’auto-école avec 25 véhicules et président du club de foot, Jean-Luc Chapon apparait comme un entrepreneur dynamique.

« Le soir ou j’ai été élu, je me suis promené pendant une bonne heure tout seul à Uzès. Je me suis dit : ‘voilà mon petit, tu as du pain sur la planche’ ! ». Et comme tous les élus, il apprend assez vite ce qu’est la gestion d’une collectivité.

« Ils disaient que j’allais tuer la ville »

Maintes fois Jean-Luc Chapon a été confronté aux levers de boucliers. C’est le cas pour la création du parking sous terrain. « Mon 1er adjoint aux finances avait dit que j’allais tuer la ville », glisse-t-il. Nombreux sont les opposants qui s’interrogeaient sur la rentabilité d’un tel parking dans une commune de 8000 habitants. Aujourd’hui, le stationnement intégral apporte 300 000 euros de recette à la commune par an. Un nombre qui serait doublé lors de la renégociation de l’appel d’offre en 2025.

En 1983, conscient que les foires s’essoufflent, Jean-Luc Chapon crée la zone commerciale Pont des Charrettes pour retenir les visiteurs à Uzès. « Les gens jetaient des clous sur les parkings, les commerçants plaçaient des tables mortuaires devant leur vitrine », rappelle le maire. La zone affiche aujourd’hui plus de 400 salariés.

Quartiers prioritaires, aide à l’entrepreneuriat

Le quartier des Mûriers sera bientôt classé ‘Quartier prioritaire de la Ville’ (QPV). Il rejoindra ainsi le quartier des Amandiers, Dhuoda, Mayac et Saint-Génies. Des ensembles qui peuvent bénéficier de lignes de crédit au service de l’intégration sociale. « Le café Amande and Co aux Amandiers, les animations culturelles et sportives diverses, les cours de langue », sont autant d’activités de cohésion.

L’intégration et l’égalité républicaine passe également par l’emploi. Existe-t-il des aides à l’entrepreneuriat pour la jeunesse des quartiers ? Pour celles et ceux qui souhaiteraient bénéficier d’accompagnement dans leur ‘business model’ ou leurs démarches administratives ?  « Il n’existe à ce jour aucune subvention accordée par l’Etat dans le cadre de la politique de la Ville. Ceci dit, la MJC d’Uzès perçoit des subventions », tient à préciser le maire.

Piscine couverte en 2025

La piscine couverte intercommunale devrait voir le jour en 2025. Pour un coût estimé à 9 millions d’euros TTC, elle sera notamment dédiée à l’apprentissage de la nage par les scolaires. Comme c’est le cas du terrain de la Halle des sports du collège Jean-Louis Trintignant cédé au Conseil départemental du Gard, le terrain qui abritera la future piscine a été gracieusement cédée par la municipalité à la Communauté de communes. « C’est plus utile d’avoir une piscine à proximité des collèges et lycées qu’ailleurs. Nous avons la chance d’avoir une ville centre qui est Uzès », explique Jean-Luc Chapon.

Uzès est-elle dimensionnée pour la fréquentation estivale ?

Il est loin le temps où la place aux Herbes ressemblait à un parking géant. En 1990, le maire rend la place piétonne. Depuis, les touristes ne cessent de fouler le pavé. La cité ducale est-elle victime de son succès ? N’est-elle pas sous dimensionnée pour le nombre de visiteurs en période estivale ? « Si nous avons 290 commerces et 5000 emplois, c’est en partie grâce aux touristes qui viennent en nombre », tranche le premier magistrat. Une ville à moitié saisonnière, qui affiche tout de même 3500 écoliers en septembre.

Hôpital d’Uzès autrefois un « mouroir »

En 1983, l’hôpital compte 140 salariés, contre 860 bulletins de salaire aujourd’hui. Jean-Luc Chapon se souvient du « mouroir, des 6 personnes par dortoir. »  « L’hôpital d’Uzès est notre plus belle réalisation. C’est là où j’ai eu le moins de problèmes pour avancer », se réjouit celui à la tête de 10 Ehpad. Le Centre hospitalier multi-sites d’Uzès compte 84 lits d’hospitalisation et 629 places d’hébergements pour personnes âgées dépendantes.

Jardins familiaux : 25 nouvelles parcelles

25 nouvelles parcelles seront prochainement créées dans les jardins familiaux : Les Potagers d’Uzès. Sans compter la halle qui permet nombre de festivités au service de la cohésion, pour 50 euros de location par an. S’il se caractérise comme étant à l’écoute et au service d’autrui, Jean-Luc Chapon le doit à son père, qui fut Président du Secours catholique, de la cathédrale d’Alès et des jardins ouvriers. C’est d’ailleurs ce qui l’a incité à créer les jardins familiaux.

Une fois à la retraite, verra-t-on Jean-Luc Chapon sillonner la ville qu’il a façonnée durant 40 ans ? Une chose est sûre, les sollicitations ne cesseront jamais, mieux vaut donc prendre quelques congés en dehors de la cité ducale…

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